1ère édition de la Foire des Entreprises et Industries Culturelles du Niger (FICNI)
mercredi 5 mars 2014
C'est dans la soirée du vendredi 28 février au Palais des congrès de Niamey que vient de démarrer la 1ère édition de la Foire des Entreprises et Industries Culturelles du Niger (FICNI) organisée par l'APEIC (Agence de Promotion des Entreprises et Industries Culturelles) du Niger), avec l'appui d'institutions telles que l'UNESCO, l'OIF ou encore l'UEMOA.
C'était une occasion offerte aux artistes nigériens, les premiers ambassadeurs de la culture nationale, devant le ministre de la culture, des cadres du ministère ainsi que des promoteurs culturels et de nombreuses personnalités, de donner un avant goût de leur talent et de leur créativité.
Après les jeunes talents tels Idi Sarki qui a donné de la solennité à l'événement en l'introduisant par la Nigérienne, l'hymne national du Niger qu'il a fait chanter à la salle, ou les Mamaki boys, ce fut au tour des internationaux de la musique moderne nigérienne d'assurer un service de maître : Denké Denké, le groupe Sogha, et Tal National ont enflammé la salle ravie par leurs prestations, témoignage éloquent de la qualité de la création artistique et culturelle nigérienne.
Ensuite ce fut au tour des stylistes d'animer la partie. Venus de Tahoua, de Maradi, ou résidants à Niamey, ces jeunes virtuoses de la couture High class -tous des jeunes, garçons comme filles- ont présenté de très belles tenues vestimentaires dont les coupes débordent d'imagination.
Kadi Mariko, la famille Hamidou, avec Sambo style, Adamou, ainsi que leur sœur Harira Hamidou, une jeune styliste en constante évolution, et bien d'autres talents prodiges comme Rabé Oumalé venu de Tahoua qui accompagne les tenues d'accessoires et de bijoux traditionnels, ont présenté des modèles qui allient imagination et recours aux valeurs traditionnelles à travers le choix de leurs matériaux, le mariage des couleurs, etc.
Devant le couturier styliste modéliste Alphadi, qui les a fortement applaudit, avec un sourire de satisfaction de voir la relève assurée par de jeunes talents dont il a souvent assuré la formation, les jeunes stylistes dont plusieurs ont déjà commencé à remporter des prix et à vendre leurs produits au delà des frontières nationales -donc à exporter le label du Niger- ont montré, eux aussi, la vivacité de la création culturelle nigérienne et son intégration dans un marché où la demande a ses exigences.
La foire va se poursuivre au CCOG (Centre Culturel Oumarou Ganda) où des stands ont été mis à la disposition des divers secteurs d'entreprises et d'industries culturelles afin que ces dernières puissent exposer et vendre leurs produits ou faire la promotion de leurs services.
Mais déjà une, voire deux questions essentielles se posent dans la ligne droite de cette foire : cette visibilité donnée aux entreprises et industries culturelles sera-t-elle un tremplin pour l'émergence de vraies entreprises culturelles formelles modèles auxquelles aspire voir naître l'APEIC?
Surtout quand on sait qu'après le lancement de 2 appels à projets culturels en 2012 et 2013 à l'issue desquels l'agence a sélectionné un total de 20 dossiers de création ou d'extension d'entreprises culturelles, l'idée née de l'esprit des artistes créateurs ou entrepreneurs lauréats tarde toujours à devenir une réalité?
Mieux, les autorités, devant la force et l'audace créatives évidentes des artistes et promoteurs culturels nigériens qui assument et assurent valablement le rôle qui est le leur, vont-elles, à leur tour, s'assumer en trouvant un mécanisme qui va contourner le mur de la fameuse caution des 20 % exigés à titre de fond de garantie bancaire pour ces 20 entrepreneurs -dont seuls quatre, et eux-mêmes à quel prix, ont pu réunir- qui attendent d'ouvrir ou d'étendre leurs entreprises culturelles?
On attend de voir la suite. Et comme le dit l'adage hausa, "ba kirin-kirin kin ba ; ta yi mai"!
Bello Marka




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