Zinder à l’heure de la renaissance culturelle
lundi 20 mai 2013
Monsieur Moutari Ousmane est le Président du Conseil régional de Zinder depuis juin 2011. Ressortissant de la commune rurale de Tirmini, à une vingtaine de kilomètres de Zinder, ce juriste doublé de diplomate chevronné qui a commencé sa carrière en 1979 par le ministère des affaires étrangères et de la coopération, a occupé de prestigieux postes durant son long et riche parcours au service du pays. Ayant successivement servi comme premier secrétaire à la mission permanente du Niger auprès des Nations Unies, directeur des affaires politiques auprès des affaires étrangères et de la coopération, premier conseiller de l’ambassade du Niger en Allemagne, ambassadeur du Niger à Moscou, directeur de cabinet du Secrétaire Général de l’Organisation de la Conférence Islamique à Djeddah, puis auprès du roi du Maroc, à Rabah, secrétaire général du ministère de l’intégration africaine et des nigériens de l’extérieur, conseiller diplomatique du président de la république, ambassadeur représentant permanent du Niger auprès des Nations Unies, la liste est encre longue. Aujourd’hui, la région de Zinder, -plus encore la communauté d’artistes de la région-, est en droit de se féliciter d’avoir un ressortissant aussi remarquable parce que celui-ci, en visionnaire, avec l’appui de ses pairs et de son staff, a pris la ferme décision de faire de la culture son cheval de bataille, et ce dans la recherche du développement harmonieux, et surtout durable de la région. Cet homme de caractère affable et de contact humain qui se passe volontiers des inutiles protocles, qui a vécu dans plus de huit pays et en a parcouru plus de quatre vingt, a reçu Fofo dans l’intimité simple de sa résidence. Voici l’interview exclusive qui définit de fàçon globale les grandes lignes de la politique culturelle de la région de Zinder qu’il a bien voulu nous accorder.
Bonjour, monsieur le président. Aujourd’hui, vous avez décidé de faire de la culture un de vos chevaux de bataille. Peut-on savoir les raisons de la prise d’une décision aussi importante ?
La première raison qui explique la prise de cette décision vient de la nature même de la société qui habite cette région. La population de Zinder est particulièrement enracinée dans son passé qu’elle glorifie tout le temps, à travers la maintenance d’institutions typiquement traditionnelles telle la chefferie traditionnelle, les artistes, les griots, les cantatrices. Avec un sultanat, trente trois (33) cantons, vingt (20) groupements dont treize (13) peulhs, trois (3) touaregs, trois (3) toubous et un arabe, cette région dispose d’un chapelet de monuments et sites historiques qui témoignent de la diversité et de la richesse de notre passé et que nous devons réhabiliter et valoriser, par devoir de mémoire, mais aussi pour montrer aux autres d’où nous venons pour que tous comprennent la projection de nous même en tant que peuple dans l’avenir. Il y a aussi la maintenance de la pratique de jeux et de sports traditionnels que notre société continue à conserver au milieu d’une culture fortement islamique. Si la lutte traditionnelle a une audience au delà des frontières nationales, des sports comme le langa, le hwaka, le dambé, le shorro, la fantasia équine, asine ou de chameaux, ou le hawan kaho voient leur pratique devenir de plus en plus occasionnelle et nous courons le risque de les voir disparaître si nous ne prenons garde. C’est donc la réalité locale même qui nous oblige à nous pencher sur la valorisation de nos patrimoines culturels.
La seconde raison vient d’une conviction personnelle. Aucun peuple en vérité ne peut se développer sans reconnaître lui même sa propre identité et la cultiver, non pour s’y enfermer, mais pour extraire le meilleur de lui même qu’il doit offrir aux autres. Donc la culture est cet élément d’apport de tout peuple à la civilisation de l’universel. Or, comment un peuple peut-il prétendre apporter quelque chose de grand s’il ne connaît pas, ni ne développe son patrimoine à lui qu’il étudie, valorise et enrichit ? C’est pour cela qu’il est apparu indispensable pour le Conseil régional d’attirer l’attention de la population et de la sensibiliser sur la nécessité de valoriser ce patrimoine. Ensuite de recourir aux moyens technologiques modernes pour valoriser ce patrimoine.
La troisième raison est que la seule chose qui nous appartient en propre, et cela est valable autant pour la région de Zinder que pour toute autre région, c’est notre culture. On dit que nous avons des ressources naturelles, que nous avons la raffinerie, etc. Mais ce sont là des potentialités qui peuvent appartenir à toute autre région. Nous n’avons rien fait pour être une région dont le sous sol renferme de l’uranium ou du pétrole. Cela est un don de Dieu. Mais ce que par contre nous héritons et que nous construisons toujours, c’est notre culture. C’est ce qui est à nous et sur lequel nous pouvons agir et nous appuyer pour bâtir quelque chose de propre que nous pouvons vendre aux autres. D’où la nécessité de nous ancrer d’abord dans notre propre culture, de la promouvoir, de faire en sorte qu’elle ne soit pas seulement un objet de contemplation. La culture doit être commerciale. Elle doit constituer une industrie, avec tout ce que cela implique comme moyens. En effet, on ne peut pas se contenter de la bonne volonté de quelques notabilités qui font de temps à autre des gestes aux griots, aux cantatrices ou autres. Jusqu’ici, l’État a été le principal soutien des activités culturelles et sportives avec la dotation des régions en infrastructures sportives et culturelles qui présentement sont mal exploitées et tombent progressivement en ruines. Mais au delà des infrastructures et la création d’un cadre politique et juridique propice à la création, l’État ne peut aller trop loin dans ce secteur car par définition la culture est d’abord spécifique et locale. Elle est d’abord celle des communautés villageoises avant d’être celle des communes, des régions et d’autres aires géographiques plus étendues. Elle émerge de talents individuels et de groupes d’autant plus inventifs qu’ils sont restreints. Notre devoir est de les encadrer sans les étouffer. Il faut trouver un moyen moderne de financement pour les financer en impliquant les banques. Il faut organiser le milieu culturel en le dotant d’infrastructures modernes qui lui permettent véritablement de rendre le produit culturel accessible à un marché potentiel qui est présent mais qu’il faut connaître.
Parmi les différents genres culturels à promouvoir, vous semblez d’avantage mettre l’accent sur le théâtre et le cinéma. Quelles sont les raisons d’une telle option ?
Il faut dire que le théâtre radiophonique et scénique et les activités connexes comme le Wasan kara ou le Taché ont toujours été une spécialité de Zinder. Dans le cadre de la décentralisation thématique des activités culturelles que le ministère de la culture a décidé d’opérer dans le cadre de la politique culturelle nationale, la région de Zinder a été choisie pour être la capitale nigérienne du théâtre et des activités connexes qu’on a appelées Kara da kiyashi. Nous avons saisi cette opportunité pour la transformer en une niche à partir de laquelle nous allons développer le théâtre et les activités qui tournent autour. Et dans tous les pays du monde, c’est le théâtre scénique qui s’est transformé en cinéma. Chez nous, nous sommes particulièrement bien placés pour partir du théâtre scénique, le développer en une industrie cinématographique. Nous avons à côté de nous le marché du Nigéria, accessible et déjà développé. Je dis ça parce que presque toutes nos productions locales sont faites en langue haoussa. Or le marché nigérian compte 60 à 80 millions de locuteurs haoussas. Maintenant il faut faire un produit qui soit éligible au niveau de ce marché. Et c’est pour cela que notre rôle va consister à former nos artistes, à les encadrer, à leur amener les infrastructures nécessaires pour pouvoir développer leur talent et cultiver ce marché sans avoir à attendre des subventions de l’État ou de la région. Et le théâtre, ce n’est pas seulement les gestes et les dits des acteurs, car au delà de ce côté visible de l’iceberg, c’est une véritable industrie qui tourne autour du théâtre. C’est l’habillement, le maquillage, la décoration, l’éclairage, l’architecture, etc. C’est toute une vie de la région qu’il faut réactiver et à laquelle il faut donner un nouveau souffle. Et tout ça demande de la formation, de la sensibilisation, des moyens qu’il faut chercher. Là dessus nous sommes convaincus qu’il suffit juste de mettre les pieds de cette entreprise dans l’étrier, que cela va finir par s’auto financer. Et à partir de ce vivier, on va pouvoir créer une industrie touristique qui sera le moteur du développement de la région. Encore faut-il avoir cette vision là, en convaincre les élus régionaux et municipaux et, à travers eux, une masse critique de la population et garder le cap.
Dans le cadre de la coopération avec le Nigéria, notamment l’État de Kano dont le président du parlement vient de participer à votre première cession au titre de l’année 2013, un certain nombre de mesures ont été prises concernant la culture. Quelles sont-elles ?
Effectivement à l’occasion de la tenue de notre première cession au titre de l’année 2013, du 29 avril au 02 mai, nous avons invité le président du parlement de l’État fédéré de Kano au Nigéria, son excellence monsieur Gambo Salaou. Lors de son séjour à Zinder, nous avons eu des entretiens très approfondis particulièrement dans le domaine de la culture. Nous avons pris trois décisions. De un, l’État de kano va construire dans la région de Zinder une école trilingue, français-anglais-haoussa destinée à accueillir des élèves de Kano pour qu’ils apprennent le français et ceux de Zinder pour l’anglais et le haussa. Ceci dans la perspective de consolider les relations et les échanges entre nous et pour permettre à nos artistes de maîtriser le haoussa qui est leur langue de travail dans le domaine de la culture. Et avec l’anglais, cela va leur permettre un accès plus facile au marché du Nigéria. De l’autre côté, si leurs interlocuteurs nigérians parlent français, cela leur facilite aussi la tâche. Pour le second point, c’est que nos frères de Kano vont nous aider à construire un studio d’enregistrement moderne qui est à la hauteur de nos ambitions, notamment dans le domaine du théâtre et la transformation du secteur en industrie cinématographique. Le troisième aspect est l’ouverture des instituts d’enseignement supérieur du Nigéria aux jeunes de la région de Zinder pour qu’ils puissent aller étudier les matières liées à l’exploitation du pétrole. Nous avons dans cette région une usine de raffinage de pétrole qui offre des possibilités d’emploi. Mais encore faut-il que notre jeunesse soit formée. Voilà brièvement les trois décisions que nous avons prises.
Alors que les autres régions bénéficient de l’édition de festivals culturels initiés par des promoteurs privés, Zinder traine des pieds dans un tel domaine. Si un promoteur privé projetait de créer un festival, qu’est-ce que le Conseil régional compte lui apporter comme soutien ?
La première chose est que nous allons favorablement accueillir cette initiative et l’accompagner de plusieurs manières. D’abord avec l’appui politique des institutions élues de la région. Ensuite lorsque le promoteur aura besoin d’inviter des artistes d’ailleurs, nous allons lui apporter des appuis dans le domaine du logement. Nous allons lui donner notre appui en termes de plaidoyer, de façon à ce qu’il ait des partenaires privés en l’occurrence des entreprises qui opèrent dans la région pour qu’elles l’appuient. Nous allons aussi l’aider à faire des plaidoyers auprès de partenaires étrangers qui peuvent le soutenir. Enfin nous pourrons l’appuyer en termes de personnel. Nous allons en tout cas l’appuyer de façon absolue et enthousiaste. Mais ne nous y trompons pas. L’État ne doit pas trop s’immiscer dans ce secteur sous peine d’en étouffer l’élément vital qu’est la créativité et transformer la vraie culture en un culte irraisonné du folklore. La région ou le Conseil régional ne peut non plus le faire avec plus de bonheur. Ce qu’il faut, c’est promouvoir l’émergence d’une vibrante société civile dans le secteur de la culture qui soit en mesure de prendre une part active dans la mobilisation des ressources pour le financement de la culture. Il faut favoriser l’émergence de promoteurs culturels privés par diverses mesures incitatives y compris la mise en place d’un fonds de garantie qui leur permette l’accès au crédit bancaire. Bien sûr, la région peut aussi à côté des ONG du secteur culturel assurer le plaidoyer pour l’appui de partenaires locaux, nationaux et étrangers.
Quand on parle de culture, on parle nécessairement de l’artiste, qui en est le ceur. Or, l’artiste nigérien en général vit dans des conditions précaires qui n’encouragent pas les jeunes à adhérer au domaine. Concrètement, ici, à Zinder, que comptez-vous faire pour améliorer la condition de l’artiste ?
Il faut d’abord être réaliste. L’artiste, dans le monde moderne, est un élément de l’économie. L’époque des artistes qui vivent de la générosité des philanthropes et de mécènes est dépassée. Il faut que les artistes puissent vivre du revenu de leurs activités artistiques et culturelles. Et pour cela, il faut qu’ils soient promus et aient accès aux moyens modernes de financement.que ce soit par les entreprises privées, ou à travers le crédit bancaire. Et la meilleure manière pour atteindre cet objectif, c’est que les artistes puissent s’organiser. Qu’ils puissent avoir un registre de commerce, un NIF -si nécessaire- et qu’ils puissent avoir accès au crédit bancaire. Et il faut que nous, en tant que responsables politiques, nous puissions leur offrir l’environnement favorable. Nous avons par exemple à Zinder la Maison de la Culture, l’arène de lutte traditionnelle, sous exploitées. Il faut que ces infrastructures construites à grands frais puissent contribuer au financement de la culture. Il faut qu’on crée les conditions pour que les artistes puissent venir dans ces lieux pour présenter et récolter les fruits de leurs activités. Notre mission est aussi de les aider à faire des tournées au niveau des chefs lieux des départements pour qu’ils puissent se faire connaître, rencontrer le public, vendre leurs produits. Il y a tout un mécanisme à mettre en jeu pour que les artistes vivent de leurs activités de manière décente. Il faut également créer les conditions juridiques en luttant contre la piraterie pour que les oeuvres des artistes ne soient pas piratées par des gens à la recherche du gain facile. Mais plus fondamentalement, c’est d’une véritable révolution culturelle qu’il s’agit. L’artiste ne peut proprement éclore et s’épanouir dans une société qui sombre progressivement dans l’inculture à cause des conditions économiques drastiques de manque de vision, et d’une idéologie ambiante faite de fatalisme, d’incivisme et de cynisme en grande partie insufflés par les élites aussi bien traditionnelles que modernes à commencer par les politiques et les leaders religieux et les bien nommés “ hommes d’affaires ”. Nos sociétés sont devenues tristes et ennuyantes. Elles n’offrent plus aux jeunes des occasions de rêver et d’espérer. Dans nos villes, les espaces publics sont illégalement morcelés et vendus, privant les jeunes de leurs droits à des espaces propres à eux pour jouer ou simplement respirer, les forçant ainsi à disputer les voies publiques aux automobilistes et autres conducteurs de motocyclettes, au risque de leur vie. Des infrastructures destinées aux jeunes sont inexploitées ou même laissées à l’abandon ou détournées de leur destination initiale pour être affectées à des usages autres. À titre d’exemple, la région de Zinder dispose de six Maisons de la Culture, à Zinder, Mirriah, Magaria, Matamèye, Gouré et Tanout. Celle de Matamèye a été brûlée suite à un incendie et celle de Tanout est tombée en ruines au vu et au su de tout le monde sans que personne ne fasse quoi que ce soit. Des blocs de la Samaria, construits, tout comme le musée régional, avec la participation de la population, des anciens arrondissements, collectivités territoriales, sont aujourd’hui occupés par les arrondissements 1, 3 et 4, par la brigade anti émeute et par l’ONG Niger Amitié sans que personne n’y trouve à redire. Quant au musée régional, ou ce qu’il en reste, il est complètement envahi par des constructions anarchiques et illégales. Il est grand temps que s’arrête cette descente aux enfers. Nous devons réaffecter ces locaux aux jeunes, élargir le réseau des Clubs de Lecture et d’Animation Culturelle (CLAC) à tous les chefs lieux de départements et à terme à toutes les communes pour offrir aux jeunes un environnement culturel propice au rêve et aux grandes ambitions.
Avez-vous prévu dans les orientations de votre politique culturelle régionale de trouver une place pour la formation des acteurs culturels ?
Absolument. Nous venons juste d’accueillir les représentants du ministère de la jeunesse, des sports et de la culture qui sont venus nous entretenir de la décentralisation thématique culturelle pendant la dernière cession du conseil. Pour nous, à partir de ce moment là, la réflexion est lancée. À terme, ce que nous envisageons, c’est la création d’une Agence Régionale de Production qui encadre les artistes et mette à leur disposition des moyens de formation, de création, et un cadre qui va leur permettre de décoller du simple théâtre scénique vers une industrie cinématographique. Ce qui est en jeu ici, c’est notamment la question de l’emploi des jeunes qui constituent plus du tiers de la population de cette région. Il s’agit aussi de donner un coup de fouet à des pans entiers de l’économie régionale. En effet, si vous avez 800 jeunes à habiller, il faut des tailleurs, des machines, des stylistes qui vont concevoir les modèles. Tout ça intègre notre vision qui veut que cette région soit dotée d’une véritable industrie artistique, Nous avons déjà un établissement scolaire qui donne un début de formation. Et il faut renforcer, solliciter des formateurs d’autres régions du Niger ou même de l’étranger qui vont appuyer nos artistes. Il y a donc des infrastructures à développer et de nouvelles à créer. Et cela se fera avec un programme délibéré de recherche de financement notamment à travers la coopération décentralisée.
En ces moments décisifs annonciateurs de la renaissance de la culture à Zinder, quel appel avez-vous à lancer à l’endroit des artistes ?
Le premier appel est que les artistes ne doivent pas se décourager. Ils sont appréciés de la population, ce qui atteste que leurs marchandises sont bonnes et comme on dit en économie, il y a toujours un marché pour un bon produit. De deux, le Conseil régional de Zinder est fermement engagé à les soutenir de toutes ses possibilités et de ses capacités. Nous avons besoin de les écouter, de connaître leurs besoins et de travailler ensemble. Troisièmement, il faut qu’ils s’organisent soit en groupements d’intérêts économiques, soit en entreprises privées, soit en coopératives. Le monde d’aujourd’hui appartient à ceux qui sont organisés. Si vous êtes organisés, vous pouvez être soutenus. Si vous n’êtes pas organisés, personne ne vous soutiendra. Ici je réitère l’engagement ferme du Conseil régional de Zinder à soutenir les artistes car en soutenant les artistes nous soutenons le développement autonome et durable de la région. La présence du pétrole et son apport ne sont pas la solution ultime à tous nos problèmes, en ce que le pétrole est une ressource épuisable. Ensuite, si c’est mal géré, le pétrole apporte la maladie hollandaise, qui est une espèce de malédiction. Il nous faut savoir utiliser les éventuelles ristournes provenant du pétrole à de bonnes fins c’est à dire en développant notre autonomie, qui passe par le développement de la culture, qui va nous permettre de générer une plus value qui pourra être réinjectée dans l’agriculture, l’élevage, la santé et l’éducation. C’est le lieu ici d’encourager les maires de nos 54 communes à susciter l’émergence de troupes théâtrales et d’autres structures artistiques. Il s’agit ici d’un domaine où la compétition génère la perfection.
Avez-vous un dernier mot ?
Je pense que la région de Zinder est particulièrement bénie. Elle a une population nombreuse et jeune. Elle a une jeunesse qui est très active. Elle a besoin essentiellement de la formation professionnelle et de l’insertion dans le marché de l’emploi. Elle a besoin du renforcement de capacité de la bonne gouvernance locale. Elle a besoin que nous développions et que nous utilisions tout : et les canaux et les moyens communautaires de communication, que ce soit le théâtre, le Wasan kara, les radios clubs, les CLAC , tous les mécanismes traditionnels de communication et de la culture pour que nous puissions décoller de façon autonome sans attendre la manne de l’État ou l’intervention des partenaires. Nous pouvons le faire. Il suffit que nous nous organisions, que nous commençons avec le peu que nous avons et nous générerons une plus value qui permettra de réinvestir et donc de décoller. Je pense que cette région est promise à un bel avenir. Il faut que nous nous organisons, que nous ayons un esprit positif et, surtout, que nous fassions confiance en nous même.
Interview réalisée par Bello Marka




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