Dandalin Soyyaya


 
 
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Tégaz : Dandalin Soyyaya made in Niger

lundi 11 février 2013

Le phénomène du Dandalin Soyyaya est devenu à Nollywood une industrie florissante dont le business, au delà de faire vivre, rend riches ses acteurs. Ici, chez nous, certains artistes qui s’essaient, cherchent toujours à se frayer une voie vers ces plages ensoleillées de l’amour. Moutari Amadou, connu sous le nom de Tégaz, natif de Zinder, avec ses trente deux ans révolus, depuis 15 ans, en tant que directeur du Kouran Daga Film Production, s’efforce d’arpenter ce chemin vers la réusite du film vidéo.

   Si le pied gauche ne te réussit pas, essaie le pied droit, dit l’adage. En effet, comme le confirme Tégaz, “ au tout début, j’étais gardien de but à l’Espoir Football club de Zinder. J’ai grimpé les échellons de junior au cadet, jusqu’au sénior. Mais j’ai vu que le sport ne marchait pas tel que je le voulais  ”. Quelle alternative reste-t-il alors à ce sportif ? “  J’ai voulu embrasser la culture  ”. La culture ? Oui, mais quel domaine précis de cette culture si vaste ?

   “ J’avais beaucoup d’admiration pour le cinéma. Mais je trouvais que le film nigérien n’était pas commercial. On le produit, or il ne rapporte pas grand chose. J’ai compris qu’il fallait faire comme au Nigéria. Mettre les chants, les danses pour qu’il accroche le public. En un mot faire le Dandalin soyyaya   ” dit ce jeune self-made réalisateur pour expliquer son choix.

   Mais dans un Niger où devenir une star ne s’opère pas du jour au lendemain, Moutari comprend vite qu’il faut se faire connaître pour se faire un public. Dans ce cadre, il sillonne les quatre coins du Niger. “ J’ai passé six ans à parcourir toutes les régions de ce pays. Six ans, répète-t-il en martelant ses mots. Six ans à faire villes et villages. Et pendant ces six années, je ne me souviens pas d’avoir passé trois mois pleins à Zinder  ”.

   C’est finalement à l’issue de cette tournée durant laquelle il rencontre les populations des localités visitées et se fait connaître du public, que Tégaz décide de se consacrer pour de bon au Dandalin soyyaya.

   Il fait le pélerinage à la source du 7ème art vidéo à travers des invitations venues du Nigéria. Là bas, il rencontre des stars comme Sani Danja, avec qui il entretient de très bonnes relations. Et pour parfaire son art, il reçoit des formations : d’abord lors d’une rencontre entre écrivains nigériens-nigérans tenue à Niamey dans les années 1999.  Ensuite une autre formation Niger-Nigéria toujours à Niamey l’année suivante. Puis à Jos sur invitation de Mallam Rabo, une éminente personnalité de la culture nigériane de l’État de Kano.

   “ Au début de ma carrière, je ne chantais pas. Mais maintenant, je le fais. Je chante pour les chefs traditionnels -du Damagaram, de Maïné, de Kantché- et pour les grands commerçants. Je chante aussi les chansons d’amour. Tout ce travail aujourd’hui est en train de percer doucement et de recueillir l’oreille attentive du public ” fait Tégaz qui tourne autour du doigt le porte-clé en cuir qui porte entre autres la clé du véhicule qu’il vient d’acquérir.

   Voici cinq ans qu’il vient de sortir son premier film Qadari ne, qu’il a pu produire avec l’appui de la coordination intersectorielle de lutte contre le Sida.

   À un certain moment, surtout avec la cascade de scandales provoquée par des stars nigérianes, qui a alors défrayé la chronique et obligé les responsables de régulation des films de certains États du Nigéria à prendre des mesures disciplinaires, les gens prennent le Dandalin soyyaya comme un lieu de débauche. Pour Tégaz, “ c’est une mauvaise compréhension que les gens ont de ce phénomène.  Ce que nous voulons, nous, c’est faire connaître nos cultures, nos traditions ”.  En posant un pied sur l’autre, il poursuit : “ Et il y a des messages qui portent vers le public. La preuve ? Les jeunes et plus particulièrement les femmes suivent le Dandalin soyyaya sur les DVD, à la télé, à la radio, en lisant les livres. Aujourd’hui, il n’y a pas un seul endroit où il y a mariage à Zinder où nous ne sommes pas invités. 

   Contrairement au Nigéria où de riches commerçants et des hommes d’affaires ont pris les choses en main, ce qui a permis de structurer le secteur pour en faire une véritable industrie, au Niger, on déplore une absence totale de producteurs. Du coup, le matériel est en manque. Ou, si l’on en trouve, il est de technologie dépassée.

   Pour répliquer à la charge souvent faite au Dandali de jouer en play-back, Tégaz n’y va pas par quatre chemins : “ Le play-back est une option qui ne coûte pas cher. Le Live est lourd et il coûte cher. S’il faut payer les orchestres qui jouent et payer les danseurs, cela va décourager les gens qui nous appellent aux cérémonies. ”

   Le Dandalin soyyaya made in Niger, il va de soi, ne manque pas d’ambition : “ À Zinder, nous avons au moins 5 groupes de Dandalin soyyaya. Nos relations sont cordiales, confieTégaz. Notre ambition commune est de structurer la filière. Qu’il y ait des chanteurs, des scénaristes, des auteurs compositeurs, etc  ”. À la condition cependant, conclue l’artiste “ que les responsables nous aident en nous appuyant en instrument et en financement de départ ”.

Bello Marka

  

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