Mission nationale d’information et de sensibilisation sur les enjeux économiques de la culture par APEIC
Étape de Zinder.
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30/05/2013 07:35:24 - Publié par fofo_mag@yahoo.fr  


Le mardi 28 mai à 16 heures à la Maison de Culture Abdousalam Adam de Zinder, vient d’avoir lieu une réunion qui entre dans le cadre d’une tournée nationale d’information que les responsables de l’APEIC(Agence de Promotion des Entreprises et Industries Culturelles)Niger font dans les différentes régions du pays.


 Dès l’entrée en matière, après la traditionnelle Fatiha, c’est monsieur Rabo Mato, le président du Conseil d’Administration de l’APEIC qui a pris la parole pour situer le but de leur tournée nationale. “ Alors que dans d’autres pays la culture constitue une des plus grandes activités génératrices de revenus, il était nécessaire pour nous, au Niger, de définir une politique culturelle et de créer un cadre qui puisse permettre à l’artiste de vivre de son art. Et c’est pour répondre à un tel besoin que l’APEIC a vu le jour. Maintenant, quels sont ses moyens d’action, ses objectifs, voilà en gros l’objet de notre présente tournée ”.



En prenant la parole, pour sa part, le secrétaire général de la région de Zinder, monsieur Morou Alzouma Albarka a précisé que “ la culture fait la renommée d ‘un pays. Il va falloir que nous nous agrippons à notre culture. Nous avons un esprit créatif exceptionnel au Niger. Il va falloir qu’on se ressaisisse à temps. L’entreprenariat, c’est s’organiser, organiser la création pour que chacun ait sa place dans la société et que chaque acteur acquiert sa renommée. ”



Mais, force est de constater que très souvent ce ne sont non pas les initiatives qui font défaut, mais c’est plutôt les fonds qui manquent le plus. Et dans ce cadre, le SG a poursuivi “ qu‘aucune activité de développement d’envergure ne peut aboutir si le financement manque.” En s’adressant aux responsables et représentants de compagnies de téléphonie mobile et de banques qui ont participé à la rencontre, il a fait entendre : “ Or c’est nous qui devons financer notre culture ”, les conviant à apporter leur contribution à l’épanouissement de la culture au Niger.



Le président du Conseil d’Administration de l’APEIC, en prenant pour la seconde fois la parole, a tenu à établir les liens entre culture et développement. “ la culture, pendant longtemps, a été laissée pour compte. Ceci explique que beaucoup de projets aient échoué par manque de regard sur les spécificités culturelles. Et de la conférence de Tokyo en 1982 à celle de Stockholm en 1986, les politiques publiques ont commencé à prendre en compte la culture dans leurs programmes de développement. Et au Niger, cela s’est traduit par un processus qui a commencé par la définition de la déclaration de la politique culturelle nationale (décret n 2008-051/PRN/MCALPEA du 28 février 2008), poursuivi avec la loi d’orientation relative à la culture promulguée en novembre 2009, pour finalement aboutir au plan stratégique national de développement culturel validé en mars 2010 ”. En tant qu’ancien élève de l’Ecole Normale Askia Mohammed de Zinder, puis ancien directeur de la Maison de la Culture de Zinder, monsieur Rabo Mato qui connaît le milieu, a soutenu que “ Zinder est une région riche en potentialités culturelles qu’il faut mettre en valeur. 



Ce fut au tour du responsable chargé de la promotion et de la communication des entreprises culturelles de l’APEIC, monsieur Ibrahim Souleymane de prendre la parole pour expliquer les notions d’économie des industries culturelles. “ Nous sommes dans une société de connaissance où seuls ceux qui développent des idées peuvent s’en sortir ” Il a ensuite expliqué la chaîne de production culturelle qui va de “ la création (naissance) à la production, la distribution, la commercialisation enfin la consommation ”. Il a aussi expliqué que“ tous ces corps de métiers distincts demandent des qualifications au niveau de chaque maillon ”.



En évoquant des faits marquants sur l’économie de la culture, il a parlé notamment de “ la création du NEA (National Endowment for the Arts) en 1966 aux Etats unis ; la prise en compte de l’apport de la culture en 1981 en Italie; le discours de Jack Lang sur l’économie de la culture en 1981 en France ”. En présentant des statistiques qui chiffrent les différents revenus générés par les entreprises et industries culturelles, il a fait ressortir que l’Afrique ne participe qu’à hauteur de 0,4 % de l’économie culturelle mondiale.



Ce fut finalement au tour du Directeur général de l’APEIC, monsieur Oumarou Moussa de prendre la parole pour apporter des éclaircissements sur l’agence qu’il dirige, sa mission, ses moyens d’action et ses perspectives. “ Nous devons revaloriser la culture, a-t-il faitentendre. Si nous faisons sa promotion, c’est un secteur lucratif ”.



L’APEIC est créée par l’ordonnance N° 2009-24 du 03 novembre 2009 portant loi d’orientation nationale. Le décret N° 2010-581/PCSRD/MC/NTI/C portant approbation des Statuts de l’Agence de Promotion des Entreprises et Industries Culturelles du Niger a été pris le 29 juillet 2010 en conseil des ministres. Établissement Public à caractère Professionnel (EPP) qui jouit de la personnalité morale et de l’autonomie financière, elle est sous la tutelle du Ministère de la culture, et de celui des finances.



Les missions assignées à l’APEIC sont :



-soutenir l’entreprenariat culturel et artistique et promouvoir le développement des entreprises et industries culturelles

-contribuer à la professionnalisation des entrepreneurs culturels.

-organiser, consolider, et veiller à la rentabilisation des entreprises culturelles nigériennes.

-faciliter la présence des entreprises et industries culturelles nigériennes dans les foires et marchés nationaux, sous régionaux et internationaux.

-établir des relations de partenariat avec les associations professionnelles, groupements et syndicats d’entreprises culturelles en vue de la promotion du secteur.

-collecter, produire et diffuser les informations sur les questions relatives aux entreprises et industries culturelles.

-délivrer les licences d’entrepreneur culturel et délivrer les cartes professionnelles.

-faciliter aux promoteurs et entrepreneurs culturels l’accès au financement.

-veiller à l’amélioration et au contrôle de qualité des services et produits offerts par les entreprises et industries culturelles sur toute l’étendue du territoire national.

-mobiliser les ressources nécessaires à l’accomplissement de sa mission.



L’APEIC dans le cadre de l’appui qu’elle apporte plus particulièrement aux jeunes entrepreneurs culturels, lance chaque année un appel à projets culturels. Lors du premier appel à projets en 2012, 24 dossiers ont été soumis dont 10 retenus. Pour celui de 2013 au total 39 projets ont été soumis à l’APEIC. Les résultats seront proclamés dans les prochains jours. À la suite de la sélection, les dossiers retenus en fonction de leur pertinence et de leur caractère innovant sont ensuite retravaillés par des experts pour ensuite être présentés à des institutions financières. Ensuite l’APEIC accompagne ces promoteurs pendant les 3 premières années de leur exercice.  



L’APEIC est accompagnée et soutenue dans ses actions par l’Etat nigérien ainsi que par des institutions internationales comme l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) qui d’ailleurs, dans les prochains mois, compte appuyer les entrepreneurs culturels nigériens et projette de créer un site web ; l’UNESCO, à travers des appuis à la formation d’entrepreneurs culturels ; la coopération espagnole à travers AECID avec laquelle ils viennent de signer un contrat de partenariat de 4 ans. Concernant les perspectives d’avenir, l’APEIC envisage très prochainement d’ouvrir des antennes régionales pour mieux appuyer les entrepreneurs culturels nigériens et être constamment à leurs côtés.



Cette rencontre, par sa qualité, par les échanges francs et surtout fructueux qui ont eu lieu entre les artistes et les membres de la mission de l’APEIC, va contribuer, on l’espère bien, de façon significative, au renforcement de la dynamique de la renaissance culturelle si chère aux responsables du Conseil Régional de Zinder aux premiers rangs desquels son président, monsieur Moutari Ousmane.



 Bello Marka 



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