Saigneur du rire Imprimer
17/04/2013 12:23:59 - Publié par fofo_mag@yahoo.fr  


Originaire de la Côte d’Ivoire, Sea Raphael connu sous le nom de Saigneur du rire est humoriste professionnel depuis 1996. Il est aujourd’hui basé à Niamey au Niger depuis plusieurs mois.


Pourquoi ce nom de scène ?

C’est un nom que je me suis donné lors d’un festival de rire à St-Louis au Sénégal. Pendant ce festival j’avais lu un article dans lequel il était mentionné « le rire a eu son saigneur ».  Partant de là j’ai décidé de choisir comme nom de scène saigneur du rire.



Que signifie l’humour pour toi ?

C’est la joie, c’est la gaité, c’est amener les gens à oublier leurs soucis. C’est apporter la joie aux personnes stressées, aux personnes qui sont tristes ou fatiguées. Je peux dire que l’humour est aussi thérapeutique, il aide un malade à guérir, c’est un remède pour faire guérir tous ceux qui sont tristes. C’est un métier tout comme les autres. Je me serre de ça pour donner de la joie à la population.

Certains pensent que les humoristes ne font rien. Ils oublient  qu’aujourd’hui pour devenir humoriste il faut d’abord passer par une école professionnelle. Les gens confondent également beaucoup l’humoriste au comédien ; or un humoriste crée des histoires pour faire rire, par contre le comédien qui fait du théâtre lui, utilise un texte déjà écrit pour faire sa comédie ; alors, il s’y adapte afin de pouvoir faire rire les gens. Mais l’un dans l’autre, je vais dire que le comédien ou l’humoriste n’est pas quelqu’un de vulgaire, il apporte quelque chose à la société.



Comment devient-on humoriste ?

Il y’en a certains qui l’apprennent mais d’autres naissent avec. Pour mon cas, je peux dire que c’est un truc que j’ai toujours aimé depuis mon enfance, un truc auquel je me suis accroché, aujourd’hui voila ce que ça donne.

Dans mon premier thème, j’ai parlé d’un masque, le masque des Yoruba, une ethnie de Côte d’Ivoire. C’est ce thème qui m’a lancé. Grâce à cette histoire j’ai été invité à une grande émission d’humour appelée dimanche passion qui se passait à la télévision dans le temps.

Aujourd’hui j’ai beaucoup de thèmes. Dans mes thèmes je touche la politique, je touche tout ce qui est fait divers dans la société, je m’amuse aussi sur les animaux et fais de la sensibilisation.



Que ferais-tu en face d’un public qui dort ?

Tout bon humoriste doit toujours être en contact avec le public parce qu’une fois sur scène si tu ne penses seulement qu’à tes histoires au lieu d’amener le public aussi à jouer avec toi, alors tu vas l’endormir. Un bon humoriste doit constamment être avec son public afin de l’amener à être pendu à ses lèvres, c’est ça ma force, moi.

Chaque humoriste à sa pédagogie pour faire rire son public, c’est comme au niveau de l’enseignement ; tout enseignant est bon, mais chacun a sa pédagogie pour faire de l’élève un intelligent.



Ça te fait quoi de regarder des spectacles d’autres humoristes ?

Ça m’amène à travailler. Quand je vois quelqu’un en train de jouer je regarde ses atouts, souvent ça m’aide à corriger ma mise en scène, à corriger mes déplacements scéniques, je m’améliore en fait.

Le face à face entre comédiens qui se passe souvent sur la chaine panafricaine n’est pas une compétition ; c’est juste une manière de faire connaitre tous les grands humoristes et comédiens africains que nous sommes. Je salue au passage cette initiative et je remercie ceux qui ont eu l’idée de mettre en place ce réseau. Je souhaite que les chaines de télévision nigériennes fassent la même chose. 



Qu’est ce que c’est le one man show ?

Le one man show c’est ce que je fais, c’est être seul sur scène et avoir un thème bien déterminé, un message à véhiculer.

J’ai deux spectacles de one man show, « l’envie d’immigrer » et « le savant conteur ». Ces deux spectacles font 90 minutes, c'est-à-dire 45 minutes chacun.

Grâce à cet art j’ai parcouru un grand nombre de pays africains ; je me suis fait des amis, aujourd’hui je suis à mon 16ème pays qui est le Niger ; c’est vraiment une joie pour moi de voir tous ces pays. J’ai connu pas mal de grands humoristes avec lesquels j’ai partagé la même scène, mais mon idole c’est Bemba Bakary, c’est d’ailleurs à cause de lui que je suis humoriste aujourd’hui.



Quelles sont tes remarques sur l’humour au Niger ?

Sur le plan humour le Niger est un terrain encore vierge, un terrain très vierge. C’est vrai qu’il y a des humoristes qui sont bons dans leurs domaines mais, c’est qu’aujourd’hui les gens réclament plus l’humour en français qu’en langue. L’humour n’est pas encore bien assis au Niger mais je pense qu’avec le temps ça va venir.



Qu’est ce qu’il y a à l’horizon ?

J’ai fait le vernissage de mon CD de 14 titres le 13 Avril au complexe Bellissimo.

Là, je me prépare à partir à Ouagadougou pour le festival international du rire et de l’humour de Ouagadougou (FIRHO), c’est ma 3ème participation. Très bientôt je serais à Brazzaville pour un autre festival auquel je suis aussi invité.



Quel est ton dernier mot ?

Je remercie d’abord le public nigérien grâce à qui j’avais eu l’idée de mettre en place ce CD. Il a fallu que je vienne au Niger pour pouvoir entrer en studio. Je remercie aussi tous ceux qui m’ont soutenu de près ou de loin, surtout mon manager et ma conseillère Paloma, merci également à Fofo magazine pour cette grande opportunité.       

 



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