Zoom sur Willy Sahel
En concert le 25 mai 2013 aux Noces de Cana
mercredi 22 mai 2013Adjim William Dangar est un artiste chanteur, musicien et percussionniste. Originaire du Tchad il vit à Niamey depuis 4 ans dans le cadre de ses études. Parallèlement il a créé un orchestre panafricain dénommé Mamospa qui signifie ‘je chante’ en langue M’baye, sa langue maternelle.
Présentes-toi à nos lecteurs.
Mon nom d’artiste est Willy Sahel. Si je suis dans la musique aujourd’hui c’est grâce à mes parents, ma mère était choriste de gospel, quant à mon père, certes il est médecin, mais il jouait souvent de la guitare à la maison pour se distraire. J’ai débuté dans une chorale et à un certain moment j’ai décidé de faire de la musique pour toujours.
Lorsque je suis arrivé à Niamey j’ai trouvé beaucoup de musiciens et de chanteurs mais qui font de la musique non raffinée. Une grande partie fait des animations musicales communément appelées bal poussière dans des cabarets ; ce n’est que de l’ambiance et non un travail recherché.
Comment définies-tu la musique ?
On définie la musique comme un art de combiner les sons de manière agréable à l’oreille ; c’est cette définition qui court un peu partout. Si ce n’est pas agréable à l’oreille ça devient du bruit, de la cacophonie, c’est plutôt gênant à l’oreille. Moi j’écoute tout genre de musique. Je m’intéresse à tout ce qui sonne musique pour en apprendre et en découvrir toujours plus.
Un adage dit « la musique adoucit les mœurs », c’est vrai. Avant les rois avaient toujours à leurs côtés des griots pour leurs faires des éloges qui les mettaient à l’aise. Je pense que ces aspects sont importants. Ils représentent l’identité culturelle d’un peuple. « Si on demande à l’Afrique de parler une seule langue quel serait votre choix » ? Cette question a été posée à un vieillard lors d’un documentaire sur une chaine canadienne en 2006. Sa réponse était « Le tam-tam ». Je pense qu’il a choisit le tam-tam parce qu’on le trouve dans chaque pays d’Afrique.
La musique a aussi des inconvénients, elle est jalouse ; c'est-à-dire elle demande beaucoup de temps, d’attention, de patience, de travail. Elle est exigeante comme tous les autres secteurs de la société. Si on ne lui accorde pas le temps nécessaire elle n’évolue pas très bien.
Elle peut aussi avoir des inconvénients dans le cas où celui qui la fait véhicule de mauvais messages.
Comment est-ce qu’on devient musicien ?
Pour moi il y a deux aspects. Il ya d’abord le don, c'est-à-dire il y a des gens qui sont prédisposés, qui ont des capacités en eux pour apprendre facilement la musique. Comme tout autre métier ça s’apprend aussi, cela dépend du degré mais ce n’est pas tout le monde qui peut faire de la musique une carrière professionnelle.
Est-il vrai que lorsque tu laisses la musique elle te laisse aussi ?
Je dis oui et je dis non aussi. Si les gens disent que la musique lorsque tu la laisses elle te laisse cela veut dire qu’elle est jalouse. Si tu arrêtes de faire de la musique tu vas perdre le reflexe, perdre la sensibilité, perdre l’inspiration ; ça c’est le oui. Le non c’est que la musique c’est aussi un don, donc même si tu l’arrêtes la graine reste toujours en toi, il suffit juste de la réveiller et de la retravailler.
Qu’avez-vous réalisé depuis la mise en place de Mamospa, et qu’est-ce que vous envisagez de faire ?
Nous avons enregistré un album de dix titres au CCFN de Zinder (Niger) en Novembre 2012 ; il s’intitule Lafia qui signifie la paix en haoussa, malheureusement cet album n’a pas eu de promotion.
Là nous serons en concert le 25 Mai au restaurant les noces de cana, c’est à l’occasion de la fête des mères, ça nous permettra aussi de faire la promotion de l’album. En 2010 lorsqu’on nous avions organisé un concert de ce genre nous avions remis un pourcentage des recettes comme aide humanitaire à une femme qui devait accoucher au niveau d’une maternité. Je pense que cette fois ci aussi nous ferons le même type de geste.




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