Nouvelles plumes : rencontre avec le jeune poète Mamane Sani Roufai
mercredi 30 janvier 2013
Le samedi 26 janvier s’est tenue dans le hall de la médiathèque du CCFN (Centre culturel Franco-Nigérien) de Zinder la première rencontre littéraire 2013 intitulée “ Nouvelles plumes ”. Cette activité animée par Bachir Djibo, un jeune auteur, a pour but de faire découvrir au public de nouvelles plumes à qui il est donné l’occasion de présenter leurs écrits et de partager leurs expériences d’auteurs.
Cette fois, c’est le poète Mamane Sani Roufai, professeur d’anglais et en ce moment même étudiant au département de sociologie de l’université de Zinder qui a été à l’honneur.
Né vers 1978 à Zinder, Mamane Sani s’est découvert un penchant pour la poésie dans les années 1996, lorsque son pays traversait un véritable désert de crises successives : “ l’école n’allait pas bien ; l’économie se portait mal ”, confie-t-il . Alors l’âme du poète a voulu parler. Parler pour dénoncer. Parler, aussi, pour conjurer le mal. Et son tout premier poème enfanté dans ces moments de grande douleur fut Niger, ma patrie. Premier pas, certes. Mais, au fil du temps, à la grâce d’autres pas posés, au bout de l’effort et de la persévérance, en 1999, Mamane Sani trouve la juste récompense : il est lauréat du concours de poésie organisé par la coopération française pour la commémoration du 14 juillet. Son poème a pour titre : Jour de fête.
“ Ecrire, dit le poète, me donne du plaisir ”. “ Surtout que la poésie magnifie le langage ” ajoute-t-il pour expliquer les raisons qui lui ont fait porter son choix sur la poésie parmi tous les genres littéraires.
Après une brève présentation de l’auteur, suivie par une séance de lecture de quelques uns de ses poèmes, notamment Hommage à Johanne Satome, Femmes du village etJe fuyais l’école, la rencontre littéraire s’est poursuivie avec une série de questions réponses.
Ibrahim Bello Nakata, un auteur qui a eu déjà à présenter son ouvrage lors d’une rencontre des Nouvelles plumes, a tenu à dire toute sa satisfaction devant cette opportunité offerte aux auteurs et au public qui, dira-t-il “ fait vivre la langue française et devrait encourager les petits frères qui ne s’intéressent pas à la littérature qui pourtant fait vivre l’âme, à y adhérer ”.
Pour la question de savoir comment s’écrit un poème, Moustapha Mamane Sani, un autre habitué à ces rencontres, et auteur, a apporté cette contribution : “ celui qui veut écrire un poème peut commencer par une petite entrée dans le genre grâce au Haïku ”. Qu’est-ce que le Haiku ? C’est un poème japonais court composé de 3 vers. Le premier et le troisième vers ont chacun 5 syllabes. Quant au 2ème vers, il en compte 7. Le principe du Haïku est que chaque vers porte une image et c’est l’ensemble des vers, donc des images qui donne une harmonie et un sens au poème.
Le problème lié à l’édition n’a pas manqué d’être évoqué lors de cette rencontre. En effet, la filière du livre brille par une rareté de maisons d’éditions capables de produire les auteurs –et Dieu seul sait combien ils sont-, dont les manuscrits croupissent dans des tiroirs et des fonds de cantine. Cela constituant, hélas, un blocage pour la floraison des idées, le partage des expériences et la mise de la connaissance à disposition du public dans un pays qui pourtant a grand besoin de la lumière du savoir.
Quand on sait que “ dans tout homme dort un poète peut-être inconnu ” comme l’a dit un participant, il n’est pas à exclure que la rencontre des Nouvelles plumes, qui est une tribune offerte à toutes et à tous, fasse découvrir au public, mais aussi les conforter dans leur aventure, de nouveaux talents. Et déjà, pour la deuxième rencontre de l’année prévue pour la fin février, l’occasion sera donnée au public de découvrir l’œuvre de Habib Attifa, le prochain invité.
Bello Marka




1527 lectures






Commentaires